Me voilà donc flanqué d'un diagnostic officiel, après une certaine errance médicale : mes intestins ne digèrent plus le lactose. J'avais commencé à modifier mon mode d'alimentation en conséquence et les premiers effets bénéfiques pour ma santé se faisaient ressentir : beaucoup plus d'énergie, petits problèmes de santé qui disparaissent les uns après les autres, un nouveau confort de vie. 

A la réception des résultats de mon test respiratoire pour détecter cette intolérance au lactose, mon gastro-entérologue me laisse un message téléphonique. On a trouvé ce qui clochait, parfait. Je dois me tourner vers un diététicien désormais pour éviter que le lactose me fasse trop de misères. Inutile de retourner le voir, les dés sont jetés, le chemin tout tracé ; mon cas est classé.

Je me trouve donc une diététicienne, pour l'intolérance au lactose, certes, mais également parce que ... ce n'est pas encore parfait. Ah ! je fais la difficile en plus ! Mes douleurs sont toujours là, moins fortes mais présentes, mes soucis digestifs pas totalement résolus, l'épuisement me guette encore...

 

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J'ose également prendre rendez-vous chez un autre gastro-entérologue. Ce dernier me reçoit avec légèreté et, bien que j'y sois habituée, je suis triste en pensant à mes 60 euros mal dépensés, qui iront grossir le portefeuille d'un être imbu de lui-même et son savoir, incapable d'écouter un tant soit peu une personne qui se soumet pourtant au dictat moderne "Ô médecin, sauve-moi !". Je reste néanmoins à l'affût d'une piste non encore évoquée, je l'écoute avec ce que j'espère monter une pointe d'intérêt. "Tu vas bien, ne t'en fais pas" pour parodier un titre de film : face à une jeune femme banale qui a de bonnes analyses de sang (Pas de cancer ni de maladie rare ? Que fait-elle là ?), le médecin lui laisse 15 secondes de parole... avant de lui conseiller de faire plus de sport et de continuer la sophrologie. Il lui prescrit un antispasmodique sans lactose (on ne doit pas sortir de chez un médecin sans ordonnance sinon le patient estime qu'il n'a pas été pris en considération), parle avec assurance (5 minutes tranquille, se dit-il, sans vieux snock qui se plaint et se débat dans son cancer généralisé), place un "Tiens donc, on ne vous l'a pas fait passer le test au fructose ? Bon faisons ça." Je ressors avec deux ordonnances ! Il s'est bien occupé de moi, rien à dire, n'est-ce pas ?

 

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J'ose donc dire que j'ai de la chance. Sans ironie. Car, au cœur même de leur blabla de comptoir, une étincelle a jailli et m'a sauvém par deux fois : le premier gastro-entérologue qui me propose à tout hasard de tenter le régime sans lactose (et à qui je dois rappeler de me donner la feuille de route avant de partir) et le second qui pense que je pourrais tenter le test au fructose, avec un raisonnement qui tend plus, à nouveau, du hasard que d'une véritable recherche et d'implication sur mon cas clinique.

Ce fameux test au fructose, alors que je m'y rendrais parfaitement convaincue de perdre encore mon temps, s'avérera tout à fait positif et m'ouvrira à une nouvelle ère de santé, à un changement radical d'alimentation et même de vie. C'est la raison de ce blog : où en sont les autres personnes, dans le même cas que moi, mais sans ces moments de grâce qui m'ont ouvert la voie ?

L'intolérance au fructose _ plus exactement la malabsorption du fructose _ n'a rien à voir avec celle du lactose : plus complexe, plus large, elle est plus difficile à vivre et personne ne connaît réellement de quoi il en retourne. Je la détaillerai, elle ainsi que les changements de vie qu'elle implique dans le post suivant. 

 

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