La peur de l'étranger est une position tout à fait intéressante dans ce qu'elle révèle de celui qui en fait état. De telles aberrations naissent par exmple chez les étrangers genevois qui refusent tout accueil à d'autres étrangers. Citons l'article de Jean-Marc Fleury dans le GHI : "La plupart des personnes étrangères que je connais et qui vivent à Genève sont ouvertement opposées à la venue d'autres étrangers dans notre pays et elles le font savoir [...] la plupart ne causent même pas correctement le français. Et je ne parle pas ici d'un petit sentiment anti-étranger mais d'une forte aversion pour tout ce qui est étranger, que ce soit des migrants, des réfugiés ou autres."

Ces personnes rejettent absolument celles qui leur ressemblent beaucoup trop. Ces semblables d'il y a peu leur rappellent leur propre histoire, celle qu'ils essayent justement d'oublier pour se reconstruire aujourd'hui. Parce qu'ils rejettent cette partie d'eux-mêmes, leur histoire, ils ne peuvent s'ouvrir à ce semblable, beaucoup trop proche et beaucoup trop dérangeant. On pourrait les juger durement, en les estimant bien ingrats mais également bien faibles de ne pouvoir se construire sans avoir à faire payer à d'autres le prix de leurs souvenirs.

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N'est-ce pas plutôt une réaction logique du psychisme que d'occulter ce qui ne fait plus sens dans une vie actuelle, ce qui fait peut-être honte et qui interdit la construction d'un avenir, qui fait souffrir tout simplement et qui empêche d'avancer ?

Comprendre, ce n'est pas excuser ni pardonner car chacun reste bien entendu responsable de ses actes. Mais cela permet de prendre soi-même la distance nécessaire face à des discours qui nous surprennent ou qui nous submergent en ne nous permettant pas de trouver la porte de sortie intellectuelle.